UN PIEGE SUBTIL

Les Israélites dirent à Gédéon: «Domine sur nous, toi, puis ton fils et tes descendants, car tu nous as délivrés de l’oppression de Madian.»  Gédéon leur dit: «Je ne dominerai pas sur vous, et mes descendants non plus. C’est l’Eternel qui dominera sur vous.». Gédéon ajouta: «J’ai une demande à vous faire: donnez-moi chacun les anneaux de votre butin.» – Les ennemis avaient des anneaux d’or, car c’étaient des Ismaélites. –  Ils répondirent: «Nous te les donnerons volontiers», et ils étendirent par terre un manteau, sur lequel chacun jeta les anneaux pris dans son butin.  Le poids des anneaux d’or que demanda Gédéon fut de près de 20 kilos, et ce sans compter les ornements en forme de croissant, les boucles d’oreilles et les vêtements de pourpre que portaient les rois de Madian, ni les colliers qui étaient au cou de leurs chameaux.  Gédéon en fit un éphod qu’il plaça dans sa ville, à Ophra. Il y devint l’objet des prostitutions de tout Israël et il fut un piège pour Gédéon et pour sa famille……… Après la mort de Gédéon, les Israélites recommencèrent à se prostituer aux Baals, et ils prirent pour dieu Baal-Berith.  Les Israélites ne se souvinrent pas de l’Eternel, leur Dieu, qui les avait délivrés de tous les ennemis qui les entouraient.  Ils ne manifestèrent pas non plus d’attachement à la famille de Jerubbaal, c’est-à-dire Gédéon, après tout le bien qu’il avait fait à Israël.

Les Israelites, dans l’euphorie de la victoire, proposent  étonnamment à Gédéon de prendre la royauté  en ignorant le véritable artisan de leur victoire. Il rejette cette proposition « alléchante »  en rappelant au peuple que l’Eternel leur Dieu seul est digne de régner sur eux.  A noter le verbe « dominer » est conjugué ici au mode imparfait  ce qui décrit une action continue et répétée.  Cette ingratitude voire cette autocélébration des Israelites confirme l’avertissement que l’Eternel a donné à Gédéon dans le verset 2 du Chapitre 7.  Gédéon est l’instrument de cette victoire mais il n’en est pas l’architecte ! Donnons donc à l’Eternel ce qui est à l’Eternel, c’est à dire  la première place dans notre vie en laissant au Seigneur (Adon) Yéshoua (Jésus) la prééminence en toutes choses (Colossiens 1 : 15-19)  et arrêtons de le reléguer seulement  à  la sphère religieuse, c’est-à-dire aux quatre murs de notre lieux de culte une fois par semaine !

Et toi ? Le Messie Yeshoua (le Christ Jésus) occupe-t-il la première place dans ta vie ? Si la réponse est oui alors IL doit en  être Seigneur et diriger tous les domaines !

Gédéon a parfaitement  répondu au peuple en réclamant le règne de l’Eternel le Dieu d’Israel sur eux, cependant  la demande qu’il a faite ensuite est surprenante et le conduit tout droit dans un piège qui fera le lit d’une nouvelle rétrogradation du peuple puis d’une nouvelle apostasie. Son intention de départ était surement bonne mais charnelle donc contraire à la volonté de l’Eternel selon qu’il est écrit dans Matthieu 5 : 37 «Mais que votre parole soit: Oui, oui, Non, non; ce qu’on dit de plus, vient du Malin ».  Nos bonnes intentions et nos bons sentiments ne sont pas assez pour faire la volonté de l’Eternel, nous devons donc apprendre à travailler comme des ouvriers avec Lui pour entrer dans ses plans.

Gédéon, grisé par cette victoire, fabrique un éphod  avec les anneaux (20kgs) en or du butin pris sur les Madianites, généreusement offerts par les Israelites.  Le verbe « Asah » traduit par « faire » ou « fabriquer » est au mode imparfait ce qui décrit une installation  progressive  et continue  de l’éphod. Il ne s’agit probablement pas d’une simple robe, œuvre habillement travaillée  d’un artiste!

Un éphod est un vêtement de lin, garni de pierres précieuses, porté par les prêtres sur le haut du corps comme une cape. Il est considéré comme saint et celui porté par le grand prêtre est fait d’or, de fils bleus et artistement travaillé (Ex 28 : 5-35, 39 :2-24 ; Lev8 :7-8).  Le mot éphod peut  aussi  prendre le sens de revêtement pour idoles « Ephuddah » comme dans Esaïe 30 : 22 «  Vous tiendrez pour souillées vos images recouvertes d’argent et vos statues revêtues « ephuddah » d’or. Tu les jetteras loin, comme une chose impure: Hors d’ici! leur diras-tu ». Il se peut que Gédéon voulait marquer sa « victoire » ou cette grande délivrance de la part de l’Eternel par un monument (l’éphod ne peut pas tenir seul….il était surement accroché à un support !) ou une statue revêtue d’un vêtement sacré. Car l’éphod est un vêtement qui  met à part et marque l’autorité de la personne qui le porte (1 Sam2 :28, 2 Sam6 :14 ; 1 chr15 :27). L’éphod (avec le pectoral) du souverain sacrificateur permet par ailleurs de consulter l’Eternel comme dans 1 Sam 23 : 9-12, 30 : 7-10). Gédéon voudrait peut être symbolisé l’autorité civile (David portait un éphod) à défaut d’avoir un roi, mais malheureusement au fil des années les Israelites détournent le symbole ou l’usage civile de ce monument pour en faire une idole et l’adorer comme le peuple avait fait pour le « Serpent d’airain ou de bronze de Moïse » dans 2 Rois 18 :4 «Il fit disparaître les hauts-lieux, briser les stèles des idoles, couper le pieu sacré de la déesse Achéra. Il fit aussi mettre en pièces le serpent de bronze que Moïse avait fabriqué, car jusqu’à cette époque-là, les Israélites faisaient brûler des parfums pour lui et l’appelaient Nehouchtân».  Mes frères, mes sœurs, nos bonnes intentions (Jacques 3 : 15 Car ce n’est pas là la sagesse qui descend d’en haut; mais c’est une sagesse terrestre, sensuelle et diabolique) ne sont pas des critères suffisants  pour déterminer si une décision ou un choix est bon. Prenons le temps de réfléchir aux conséquences négatives éventuelles de nos choix avant de le concrétiser et surtout prenons le temps de prier et de chercher la face de l’Eternel, selon qu’il est écrit dans Proverbes 19 : 2 « Dans un désir irréfléchi, il n’y a rien de bon et  celui qui précipite ses pas tombe dans le péché ». Et dans Proverbes 3 : 5-6 « Mets ta confiance en l’Eternel de tout ton coeur, et ne te repose pas sur ta propre intelligence. Cherche à connaître sa volonté pour tout ce que tu entreprends, et il te conduira sur le droit chemin ».

L’éphod fabriqué par Gédéon n’est pas une idole et l’Eternel Dieu ne le punit pas, le verset  28 le confirme et déclare « Les Madianites furent humiliés devant les Israélites et ne relevèrent plus la tête. Le pays fut en paix pendant 40 ans, c’est-à-dire durant la vie de Gédéon ». Néanmoins, il n’en est pas ainsi  de sa vie familiale qui fut assez tourmentée par la polygamie et sa nombreuse descendance. Un de ses fils, le soixante- onzième assoiffé de pouvoir  et cruel, complote avec sa famille maternelle et profite de la position de son père pour s’emparer du pouvoir  et s’autoproclame roi. Dans sa quête diabolique (puisqu’il a usurpé la place de l’Eternel le Seul Roi légitime d’Israël) il assassine soixante-neuf de ses demi-frères pour satisfaire ses ambitions et entrainent tout le peuple Israelite dans le trouble.

A la mort de Gédéon après quarante ans de service comme juge en Israël, le peuple se détourne de nouveau de l’Eternel leur Dieu et se laissent corrompre par les divinités de leurs voisins Cananéens et Philistins. Ils établissent (c’est le sens du verbe suwn ) ou désignent ou façonnent ou transforment  « Ba’al » en Ba’al Beriyth c’est-à-dire le « seigneur de l’alliance ». De quelle alliance s’agit-il ? Dans tous les cas, les Israelites oublient l’Eternel leu Dieu et  ainsi que les prodiges et miracles accomplis en leur faveur. Le verbe « zawkar » traduit par « se souvenir » est au mode parfait  ce qui exprime « une action accomplie, terminée, instantanée, unique ». C’est-à-dire qu’à un moment donné le peuple a remplacé la gloire de l’Eternel, le Dieu incorruptible par une image représente un être humain  corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles. Il a donc apostasié et s’est éloigné du culte du vrai Dieu !

Je nous rappelle que ce verbe  « zawkar » a donné le mot « zawkawr », mâle dans Genèse 1 : 27 «Dieu créa l’être humain à son image, il le créa à l’image de Dieu, il le créa mâle (Zawkawr) et femelle (Neqebah). Le mâle (homme, masculin) en tant que chef de sa famille, est sensé garder le souvenir de son créateur, que sa vie n’est qu’un souffle, des instructions reçues de Lui et transmettre celles-ci à sa descendance. Le verbe « zawkawr» implique aussi l’idée de retour au Père,  c’est-à-dire la repentance selon qu’il est écrit en Ecclésiaste 3 :11 « Il a même mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, même si l’homme ne peut pas comprendre l’œuvre que Dieu accomplit du début à la fin ».  Le verbe « Natsal » traduit par « délivrer » est conjugué au mode « participe »  ce qui qui exprime une action ou une condition en tant que continuité non interrompue. Il correspond à notre  » être en train de». Il peut être employé pour le présent, le passé ou le futur.

Les Israelites se montrent aussi ingrats vis-à-vis de la maison de Gédéon et n’usent pas de bonté particulière envers ses nombreux enfants. Ils ne les protègent pas contre la folie meurtrière d’Abimelec leur demi-frère  et prennent son parti. Pire encore, Ils financent  son funeste projet et le proclament roi.

Le grand chef de guerre, le vaillant héros, a cru à un moment donné s’affranchir de la guidance de l’Eternel en s’appuyant sur sa sagesse. Il a voulu ériger un monument à la gloire de l’Eternel pour marquer cette grande victoire sur les Madianites. Néanmoins son intention et sa volonté de bien faire a abouti au contraire de ce qu’il espérait. Son monument a fait le lit d’une résurgence de l’idolâtrie qu’il a combattu au début de son appel.

L’enfer est pavé de bonnes intentions !

Tout choix dans notre vie de chaque jour nous rapproche ou nous éloigne du plan que l’Éternel Dieu a prévu pour nous. Apprenons à faire nos choix dans la prière et l’obéissance et nous ne perdrons pas de temps avec l’ennemi de nos âmes.

Prions et soyons vigilants car les attaques les plus sournoises et les plus violentes du diable surviennent le plus souvent  après une victoire ou une grande percée !

« Soyez sobres, veillez; car le diable, votre ennemi, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer. Résistez-lui, étant fermes dans la foi, sachant que vos frères, qui sont dans le monde, souffrent les mêmes afflictions ».1 Pierre 5 :8.

LAYBT

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